MEB & IA
Les images proviennent du réel et respectent l’intégrité des éléments observés. Elles naissent d’un travail patient de collecte, de préparation et d’observation en laboratoire. Le microscope électronique à balayage (MEB) explore les surfaces point par point et révèle, à l’échelle du micromètre, la complexité des structures naturelles. Une fois révélées, ces images sont réanimées numériquement à l’aide d’outils génératifs. Les fragments observés deviennent un théâtre visuel singulier, à la lisière du vivant et de l’artifice, pour approcher autrement le monde de l’infiniment petit. Le court-métrage BUG, actuellement en cours d’achèvement, en constitue une première illustration.
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Le MEB
Loïc Vidal, de l’Institut de Science des Matériaux de Mulhouse (IS2M – CNRS / Université de Haute-Alsace) nous a ouvert l’accès à un microscope électronique à balayage et à une précieuse collection d’images microscopiques. Cet outil révèle les surfaces point par point et dévoile, à l’échelle du micromètre, l’extrême précision des formes. Le microscope capte et analyse les rayonnements émis par un échantillon déposé sur une platine, préalablement recouvert d’une fine couche d’or afin de le rendre conducteur aux électrons. Cet appareil ne « voit » qu’en noir et blanc. C’est cette métallisation qui permet une réflexion optimale et révèle les contrastes profonds ainsi que les nuances de gris argentique caractéristiques de cette technique.
Les échantillons observés appartiennent à des espèces communes de nos latitudes. Leur collecte, simple et quotidienne, rappelle combien ces organismes nous sont proches, sans que l’on soupçonne la richesse de leurs détails.
Aucun traitement numérique n’est appliqué aux images sources. Elles conservent leur format et leur rendu d’origine. Traces de balayage, zones de netteté variable et micro-anomalies — les « bugs » du microscope — demeurent visibles, maintenant le lien avec le réel, avant que l’animation n’en vienne troubler les contours.



L'animation IA
Un écho de ce qui fut, sans promesse de vérité.
À partir de fragments du réel, ces images sont réanimées et mises en mouvement grâce aux outils génératifs actuels. Les technologies d’observation restent aujourd’hui très limitées lorsqu’il s’agit de filmer durablement à ces échelles, où l'on sacrifie le vivant à l’instrument. Les IA arrivent à point nommé, non pour combler un manque scientifique, mais pour ouvrir un espace de projection.
Le mouvement insuffle du temps à l’image jusque-là figée et propose une expérience immersive dans laquelle l’infiniment petit acquiert une présence artificielle assumée. Cette dynamique nous plonge au coeur d'un monde habituellement hors de notre portée. Il ne s’agit pas de donner à voir ce que la science observerait aujourd’hui, mais d’évoquer ce que l’on pourrait éprouver si ces espaces devenaient accessibles. Une invitation à regarder autrement, à ralentir, et à se laisser traverser par ces paysages invisibles.


Les images prennent mouvement et rythme : la matière semble respirer, s’agiter, se réanimer, et glisse peu à peu vers l’imaginaire, l’abstraction, l’étrange.
Des créatures réduites à des coquilles minérales se meuvent à nouveau. Ce qui apparaît n’est plus la vie, mais son simulacre — une survivance troublante qui résonne avec notre époque, où artifice et réel tendent à se confondre.
BUG est est une expérience visuelle qui questionne le temps de quelques minutes la frontière entre observation et interprétation, explore notre fascination pour ce monde minuscule, et montre comment la technologie peut prolonger — ou détourner — le regard scientifique. L’image de laboratoire, déplacée de son contexte d’origine vers un espace de création, cesse d’être un simple outil de connaissance pour devenir une matière plastique et un langage sensible.
Le film n’est pas encore tout à fait terminé : le montage se précise, l’univers sonore continue de s’ajuster.
Nous remercions vivement Carbon Based Lifeforms et Fingerspit pour nous avoir accordé l’autorisation d’utiliser certaines de leurs compositions, qui accompagnent et enrichissent cet univers singulier.
Merci aux guêpes et aux abeilles, ouvrières et reines, aux faux-bourdons, pince-oreilles et papillons, iules, cloportes et scolopandres, coccinelles, teignes et pucerons, moustiques et varroas, aux tiques et poux, acteurs involontaires de ce film.

BUG prolonge naturellement nos recherches à la croisée de la science, de la poésie et de la création visuelle.
La science demeure un repère essentiel pour comprendre le monde ; la questionner fait avancer le savoir, la nier ne conduit qu’à l’obscurantisme. Sans prétendre expliquer, ouvrir son regard à l’art et à l’imaginaire aide à rester dans la lumière.
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